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AirJelly, l’assistant qui lit ton écran toute la journée

Un agent IA qui lit ton écran toute la journée pour te rappeler ce que tu oublies : voilà le pari d'AirJelly. Ce qu'il promet, ce qu'il coûte, et la question à se poser avant de l'installer.

RUN #158 18 JUIL 2026 7 MIN DE LECTURE

Le pitch tient en une phrase : un assistant IA qui tourne en permanence sur ton ordinateur, lit ce qui passe à l’écran et en tire tes tâches, tes rappels et le résumé de ta journée. Sans que tu demandes quoi que ce soit. C’est la promesse d’AirJelly, et elle vise un problème que tout le monde connaît : le soir venu, la moitié de ce qu’on t’a demandé entre deux réunions est déjà perdue. Alléchant. Reste à savoir ce qu’on signe en échange, et c’est là que ça devient intéressant.

AirJelly, c’est quoi ?

AirJelly est un assistant IA de bureau, gratuit au téléchargement, disponible uniquement sur Mac pour l’instant. Derrière, une jeune société américaine, LowEntropyAI, immatriculée dans le Delaware. Le principe tient en une phrase : au lieu d’attendre tes questions comme le fait ChatGPT, l’outil observe ton travail en continu (messages, réunions, documents, agenda) et agit de lui-même. Il repère la tâche qui traîne dans une conversation, te rappelle le suivi que tu allais oublier, prépare un brief avant ta réunion. La catégorie s’appelle « agent proactif », et AirJelly se présente carrément comme le premier au monde du genre.

« Premier au monde », tu connais la musique : sur un créneau pareil, ça veut surtout dire que la course vient de commencer. Ça n’enlève rien à l’idée, qui prend le problème par le bon bout. Ce n’est plus toi qui vas vers l’outil, c’est l’outil qui vient vers toi.

Page d'accueil d'AirJelly : « The World's First Context-Aware Proactive Agent »
La page d’accueil annonce « le premier agent proactif conscient du contexte au monde », et, en petit sous les boutons : disponible sur macOS seulement (airjelly.ai, juillet 2026). Clique pour agrandir.

Ce qu’il fait de tes journées

L’éditeur résume son produit en trois verbes, et pour une fois le marketing dit bien la mécanique. Il regarde : AirJelly lit ce qui se passe dans tes applications pendant que tu travailles : Slack, Zoom, tes documents, ton agenda. Il retient : tout est rangé dans une frise chronologique de ta journée, cherchable après coup, la réunion de mardi comme le message où on te promettait un devis. Il agit : de lui-même, il crée des tâches, prépare des briefs, envoie des rappels. Le fameux « second cerveau » que les applications de notes te vendent depuis dix ans, sauf que celui-là se remplit sans toi.

Schéma : AirJelly regarde les applications, retient la journée dans une frise, agit tout seul
Les trois étages d’AirJelly. La mécanique n’a de sens que si elle tourne en continu : c’est toute sa force, et c’est tout le sujet. Clique pour agrandir.

Deux réserves de bon sens avant d’aller plus loin. La première : je n’ai pas pu le faire tourner, pas de Mac au banc d’essai, on y revient. La seconde : un assistant qui résume ta journée reste un modèle de langage, et un modèle de langage peut se tromper avec un aplomb parfait. Un rappel à côté par-ci, une tâche mal comprise par-là : ça se mesurera le jour où l’outil sera testable sérieusement.

Tout se passe sur ton Mac, c’est la promesse

La question qui fâche, l’éditeur la voit venir, et il y répond en toutes lettres sur sa page d’accueil : AirJelly « tourne entièrement sur ta machine », « rien ne quitte ton ordinateur », « pas de synchronisation cloud, pas d’entraînement sur tes données ». Lecture, analyse, stockage : tout en local. C’est le seul design acceptable pour un outil pareil, et qu’ils l’aient compris dès le départ est plutôt bon signe.

Section How it works du site AirJelly : Watches, Remembers, Acts
Le site résume tout en trois verbes. La mention « always on, never uploading » (toujours allumé, jamais envoyé) porte à elle seule tout le contrat de confiance (airjelly.ai, juillet 2026). Clique pour agrandir.

Maintenant, la nuance qui compte : c’est une promesse d’éditeur, pas un fait vérifié. Le produit a quelques semaines, la boîte est toute jeune, et personne d’indépendant n’a encore regardé sérieusement ce que fait l’application sur la machine. Je ne dis pas qu’ils mentent. Je dis que « fais-moi confiance » n’est pas une preuve, surtout quand ce qu’on te demande de confier est littéralement tout ce qui passe sur ton écran.

La vraie question : qu’est-ce qui passe sur ton écran ?

Fais l’inventaire d’une seule de tes journées. Les mails clients. Les devis, avec les marges dedans. Le compte de la boîte un matin sur deux. La conversation où tu négocies, celle où tu râles sur un fournisseur, peut-être un mot de passe affiché deux secondes. Un outil qui lit l’écran en continu voit tout ça, par construction. C’est même sa raison d’être. Pour un particulier qui veut dompter ses journées, l’arbitrage se discute. Pour un pro, il change de nature : ce que tu affiches à l’écran, ce ne sont pas seulement tes affaires, ce sont aussi celles de tes clients. Mon avis, sans détour : tant que la promesse du « tout local » n’a pas été vérifiée par des gens dont c’est le métier, un poste de travail qui manipule des données clients n’installe pas ça. La curiosité, oui. Sur la machine du cabinet, non.

Combien ça coûte, et qui peut l’avoir

Aujourd’hui, zéro euro : téléchargement libre, aucune grille tarifaire publiée nulle part. Garde quand même un œil sur la suite : une société qui paie des salaires ne distribue pas un produit gratuit éternellement, et un tarif qui n’existe pas encore est un tarif que tu ne peux pas budgéter. Côté machines, c’est macOS seulement ; Windows et Linux sont « bientôt là » selon le site, sans date. Autrement dit, la majorité des PME françaises, équipées PC, regarde le film de loin pour l’instant. Dernier repère utile : le lancement s’est fait sur Product Hunt il y a quelques semaines, avec une centaine de votes. Un démarrage d’initiés, pas un phénomène. Ni un défaut ni une preuve : juste l’âge du produit.

Pour qui c’est fait (et qui devrait attendre)

Je n’ai pas de Mac au banc d’essai, donc pas de session, pas de chiffres, pas de note : cette fiche dit ce que l’outil promet, pas ce qu’il vaut à l’usage. Le jour où la version Windows sort, je le fais tourner une semaine et cette page prendra une jauge. D’ici là, voilà comment je le classerais.

[ VERDICT ]

Pour qui : le travailleur sur Mac noyé sous les réunions et les fils de discussion, sur des données qui ne craignent rien, et prêt à essuyer les plâtres d’une catégorie toute neuve. C’est gratuit, l’essai ne coûte que le risque.

Pas pour qui : tout poste qui affiche des données clients, tant que le « rien ne sort de la machine » n’a pas été vérifié par des tiers. Et les patrons sur PC : rien à installer aujourd’hui, de toute façon.

Pas de note chiffrée : je ne mets pas de jauge sur ce que je n’ai pas fait tourner.

L’assistant qui remarque ce que tu oublies finira par s’imposer, j’en mettrais ma main au feu. Ce que je ne parierais pas encore, c’est le nom de celui qui gagnera le droit de regarder par-dessus ton épaule.

Mise à jour du 28 juillet 2026 : un concurrent vient déjà proposer une version différente de cette même promesse. Dayflow observe lui aussi l’écran en continu, mais il ouvre son code au lieu de te demander de le croire sur parole. Même limite pour l’instant, et je le dis aussi honnêtement : je ne l’ai pas testé non plus, faute de Mac.

Questions fréquentes sur AirJelly

AirJelly est-il gratuit ? Oui, au téléchargement et sans tarif annoncé à ce jour (juillet 2026). Aucune grille de prix n’est publiée ; un modèle payant reste probable à terme.

AirJelly existe-t-il sur Windows ? Pas encore. L’application est réservée à macOS ; l’éditeur annonce Windows et Linux « bientôt », sans date.

Mes données partent-elles dans le cloud ? Non, selon l’éditeur : traitement et stockage entièrement sur la machine, pas de synchronisation, pas d’entraînement sur tes données. Cette promesse n’a pas encore été vérifiée par un audit indépendant.

Quelle différence avec ChatGPT ? ChatGPT répond quand tu poses une question. Un agent proactif comme AirJelly observe ton contexte de travail en continu et déclenche tout seul tâches, briefs et rappels, sans question de départ.

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