Combien de crédits IA ton forfait Copilot contient-il vraiment ?
Si tu es sur Copilot Pro+ à 39 $ par mois, la documentation de GitHub t’en accorde aujourd’hui 7 000, soit 70 $ d’usage inclus. Pas 3 900. La quasi-totalité des articles français publiés au printemps annonce le second chiffre, et ils avaient raison le jour où ils l’ont écrit. Ils ne le sont plus.
Voilà pour la réponse courte. La version longue est plus intéressante, parce qu’elle explique d’où vient l’écart et pourquoi il n’est pas acquis. Sur ces 7 000 crédits, 3 900 sont ce que GitHub appelle des base credits, calés sur le prix de l’abonnement et présentés comme fixes. Les 3 100 autres forment un flex allotment, que GitHub décrit lui-même comme « une part variable de ton usage inclus ». Variable est le mot de l’éditeur, pas le mien.
Et pendant qu’on regarde ça, un autre compteur tourne dans l’autre sens : côté entreprises, l’allocation actuelle est une promotion qui s’arrête le 1er septembre 2026. On y vient.
| Formule | Prix mensuel | Crédits de base | Flex | Total inclus |
|---|---|---|---|---|
| Copilot Free | 0 $ | Pas de crédits : 2 000 complétions de code par mois | ||
| Copilot Pro | 10 $ | 1 000 | 500 | 1 500 |
| Copilot Pro+ | 39 $ | 3 900 | 3 100 | 7 000 |
| Copilot Max | 100 $ | 10 000 | 10 000 | 20 000 |
| Copilot Business | 19 $ / utilisateur | Mutualisés au niveau de l’entité de facturation | 1 900 (3 000 jusqu’au 1er sept. 2026) | |
| Copilot Enterprise | 39 $ / utilisateur | Mutualisés au niveau de l’entité de facturation | 3 900 (7 000 jusqu’au 1er sept. 2026) | |
Un crédit vaut 0,01 $, taux fixe inscrit dans la documentation. Les crédits ne se reportent pas d’un mois sur l’autre : la doc précise que les crédits inutilisés sont perdus et que le compteur repart à zéro heure UTC le premier jour de chaque mois. Relevé le 6 août 2026 sur les pages officielles de GitHub, liens en bas de chaque section.
Ce qui a basculé le 1er juin, et la phrase de GitHub qui l’explique
Jusqu’au 31 mai 2026, Copilot se facturait à la requête premium. Une interaction coûtait une unité, multipliée par un coefficient propre au modèle choisi. Un abonné Pro+ disposait de 1 500 requêtes premium par mois, un abonné Pro de 300. Simple à comprendre, simple à surveiller.
Le problème de ce système, c’est qu’il ne mesurait pas grand-chose. La documentation héritée l’écrit noir sur blanc pour l’agent de codage : une session consomme « une requête premium par session, multipliée par le taux du modèle ». Une session. Qu’elle dure quarante secondes ou trois heures, qu’elle relise deux fichiers ou l’intégralité d’un dépôt, c’était le même ticket.
GitHub ne s’en cache pas, et c’est à mettre à son crédit : le billet d’annonce du 27 avril 2026 pose le diagnostic en une phrase. « Today, a quick chat question and a multi-hour autonomous coding session can cost the user the same amount. » Et juste avant, la cause : « Agentic usage is becoming the default, and it brings significantly higher compute and inference demands. »
Traduction sans emballage : depuis que Copilot est devenu une plateforme à agents, capable de tourner seule sur un dépôt entier pendant des heures, le forfait à la requête a cessé de refléter la dépense réelle. GitHub dit avoir absorbé l’écart, puis avoir jugé le modèle intenable. C’est une explication cohérente, et elle a le mérite d’être vérifiable dans le produit lui-même : l’annonce d’Agent HQ, en octobre 2025, ouvrait déjà la plateforme aux agents d’Anthropic, d’OpenAI, de Google, de Cognition et de xAI.
Depuis le 1er juin 2026, le coût d’une interaction dépend donc de deux choses seulement : le modèle utilisé, et le nombre de tokens consommés, entrée, sortie et cache compris, aux tarifs API publiés pour chaque modèle. Les requêtes premium sont remplacées par les GitHub AI Credits.
Le chiffre que les articles français ont figé
Le billet du 27 avril donnait une grille très lisible : Pro à 10 $ avec 10 $ de crédits, Pro+ à 39 $ avec 39 $ de crédits, Business à 19 $ avec 19 $, Enterprise à 39 $ avec 39 $. Ton abonnement, converti en monnaie interne. La formule est claire, elle se retient, elle se recopie.
Elle s’est recopiée. J’ai ouvert quatre articles français sur le sujet et relevé leurs dates : CoinAcademy le 28 avril, Geeek le 12 mai, l’Usine Digitale, et le Blog du Modérateur le 2 juin. Les trois qui donnent des chiffres donnent la grille d’avril. Le Blog du Modérateur écrit encore, le 2 juin, « Copilot Pro+ : 39 $/mois, incluant 39 $ de crédits IA mensuels ».
Aucun des quatre ne mentionne le flex allotment. Aucun ne mentionne la formule Copilot Max. Ce n’est pas une faute professionnelle : c’est le décalage habituel entre une annonce et sa mise en application. Le 12 mai, GitHub a publié un second billet, moins repris que le premier, qui change la grille avant même qu’elle entre en vigueur.
Ce qu’il faut en retenir n’est pas que la presse s’est trompée. C’est que sur un sujet de facturation qui bouge, un article de presse est un instantané et la documentation est l’état courant. Les deux ont leur usage, ils ne répondent pas à la même question.
Le flex allotment : la part du quota qui n’est pas garantie
Le billet du 12 mai 2026 introduit deux choses : la formule Max à 100 $, et le découpage de l’usage inclus en deux étages. Les crédits de base, adossés au prix de l’abonnement, « matched 1:1 with your subscription price. These never change. » Et par-dessus, le flex, défini en une ligne : « variable additional usage on top of your base. Flex allotments will vary over time. »

Il n’y a même pas d’interprétation à faire, et c’est le seul endroit de ce dossier où GitHub est parfaitement explicite : le billet consacre une section entière à la question, intitulée « Why flex can change ». On y lit que le flex « is designed to adapt as the economics of AI evolve, including model pricing, new models, and improvements in efficiency », et que les crédits de base, eux, « will always stay the same ».
Lue avec bienveillance, la phrase dit : si les modèles deviennent moins chers ou plus efficaces, on te donnera davantage. Lue littéralement, elle dit : cette part n’est pas adossée à ton prix, et elle bougera. La formulation ne précise pas dans quel sens, et je ne vais pas prêter à l’éditeur une promesse qu’il n’a pas faite. Ce qui est garanti est nommé, c’est la base. Le reste est nommé aussi : variable.
Concrètement, ça donne des proportions qui méritent d’être regardées en face. Sur Pro, le flex représente un tiers de l’usage inclus. Sur Pro+, 44 %. Sur Max, la moitié exactement. Autrement dit : plus tu paies cher, plus la part révisable de ton forfait est grande. Ce n’est pas un piège, c’est la conséquence mécanique du découpage, mais personne ne le formule à ta place.
Ce que la source établit : l’usage inclus sur Pro+ est aujourd’hui de 7 000 crédits, et 3 100 d’entre eux sont désignés comme variables par l’éditeur. Ce qu’elle n’établit pas : que cette part va baisser. À ce stade, c’est une clause, pas un événement.
70 $ par mois, ça achète quoi ? Un facteur 50 entre deux modèles
C’est là que la bascule change vraiment quelque chose au quotidien. Sous l’ancien système, choisir un modèle coûteux plutôt qu’un modèle économique faisait varier ta consommation d’un coefficient à un chiffre. Aujourd’hui, tu paies le tarif au token du modèle, et l’écart entre le haut et le bas du catalogue n’a plus rien à voir.
Les tarifs ci-dessous sont relevés le 6 août 2026 sur la page de tarification des modèles de GitHub, en dollars par million de tokens. La dernière colonne est mon calcul : 70 $ d’usage inclus divisés par le tarif d’entrée, c’est-à-dire le plafond théorique si tu ne consommais que de l’entrée.
| Modèle | Entrée / M tokens | Sortie / M tokens | Entrée achetée avec 70 $ |
|---|---|---|---|
| GPT-5.6 Luna | 0,20 $ | 1,20 $ | 350 M |
| MAI-Code-1-Flash | 0,75 $ | 4,50 $ | 93 M |
| Claude Sonnet 5 (tarif promotionnel) | 2,00 $ | 10,00 $ | 35 M |
| Gemini 3.1 Pro | 2,00 $ | 12,00 $ | 35 M |
| Claude Opus 5 | 5,00 $ | 25,00 $ | 14 M |
| GPT-5.5 | 5,00 $ | 30,00 $ | 14 M |
| Claude Fable 5 | 10,00 $ | 50,00 $ | 7 M |
Cinquante fois. C’est le rapport entre la première et la dernière ligne sur l’entrée, quarante et un fois sur la sortie. Le même abonnement, le même prix, et une autonomie qui varie d’un facteur cinquante selon un menu déroulant.
Deux subtilités que la grille ne montre pas et qui coûtent cher. D’abord, les tarifs « long contexte » sont facturés au double pour plusieurs modèles : GPT-5.5 passe de 5 à 10 $ en entrée, Gemini 3.1 Pro de 2 à 4 $, Grok 4.5 de 2 à 4 $. Si tu ne sais pas ce qui déclenche ce seuil, la fenêtre de contexte est exactement le bon endroit pour commencer. Ensuite, la sortie coûte cinq à six fois l’entrée sur presque tout le catalogue, or c’est précisément ce qu’un agent produit en volume quand il réécrit des fichiers.
Une chose ne consomme rien, et il faut le dire parce que c’est la bonne nouvelle du dossier : les complétions de code en temps réel restent illimitées et hors crédits sur les formules payantes. Le suggéré au fil de la frappe, celui pour lequel Copilot a été inventé, n’entre pas dans le compteur.
Le 1er septembre 2026, deux compteurs changent en même temps
Deux échéances tombent à trois semaines d’ici, et aucune des deux n’a été relayée en français à ma connaissance.
La première concerne les entreprises. La documentation dédiée aux organisations indique que les allocations en vigueur sont promotionnelles jusqu’au 1er septembre 2026 : 3 000 crédits par utilisateur sur Business, 7 000 sur Enterprise. Après cette date, elles reviennent aux montants standard, 1 900 et 3 900. Soit une baisse de 37 % sur Business et de 44 % sur Enterprise, à prix d’abonnement inchangé. Ces crédits sont mutualisés au niveau de l’entité de facturation, pas attribués individuellement, ce qui veut dire qu’une équipe qui consomme peu couvre celle qui consomme beaucoup, jusqu’à ce que le pot commun soit vide.
La seconde est plus discrète. Sur la page de tarification des modèles, Claude Sonnet 5 est affiché à un tarif explicitement promotionnel, « through August 31, 2026 » : 2 $ en entrée et 10 $ en sortie, contre 3 et 15 $ pour les Sonnet de la génération précédente. Ce que la doc ne dit pas, c’est ce que devient ce tarif au 1er septembre. Je ne vais pas le deviner. Je note simplement que le modèle le plus attractif du catalogue à sa gamme de qualité est sur un prix daté, et que la date est dans vingt-cinq jours.
Si tu pilotes un budget Copilot pour une équipe, ces deux lignes valent une note dans l’agenda. Ta consommation de septembre ne se lira pas sur la même règle que celle d’août.
Ce que je ne peux pas te dire
La question que tout le monde se pose est évidemment : combien de sessions d’agent est-ce que ça me fait ? Je n’en sais rien, et je préfère l’écrire que le maquiller.
J’ai croisé plusieurs blogs qui avancent des chiffres très précis, du type six cents à mille deux cents crédits pour une session d’agent qui produit un correctif sérieux. C’est peut-être juste. Aucun d’eux ne remonte à une mesure publiée, ni à une méthodologie, ni à un échantillon. Ce sont des ordres de grandeur qui circulent, et un ordre de grandeur qui circule n’est pas une donnée.
Ce qui manque pour trancher, c’est la seule chose que personne ne publie : la consommation réelle en tokens d’une session type, mesurée sur un dépôt réel, avec le détail entrée, sortie et cache. GitHub expose bien la consommation dans l’interface de facturation, donc la mesure est faisable, mais elle demande un abonnement Pro+ et un protocole propre. Tant que je ne l’ai pas faite ou lue quelque part de sérieux, le tableau ci-dessus reste ce qu’il est : des plafonds théoriques sur une seule dimension, utiles pour comparer des modèles entre eux, inutiles pour prédire ta facture.
Le seul repère solide que je peux te donner tient en une phrase, et il vient de GitHub : si l’éditeur a démonté un système où une session de trois heures coûtait le prix d’une question, c’est que l’écart entre les deux était considérable. Sinon il n’aurait rien changé.
Ce qui reste vrai quand on referme la doc
Trois choses, et une seule est une mauvaise nouvelle.
Ton forfait individuel contient plus que ce qu’on t’a annoncé au printemps : 79 % de plus sur Pro+, 50 % de plus sur Pro, le double sur Max. Sur ce point précis, l’annonce a été dépassée par les faits, dans le bon sens, et c’est assez rare pour être signalé.
Une part de ce supplément est explicitement révisable, et l’éditeur écrit qu’elle est conçue pour s’ajuster. Ce n’est ni un scandale ni une promesse : c’est une clause, et elle porte 44 % de ton usage inclus sur Pro+.
Et la vraie information de ce dossier n’est ni dans l’annonce d’avril ni dans les reprises de mai : elle est dans une note de bas de page de la documentation entreprise, qui programme une baisse de 37 à 44 % des allocations au 1er septembre. Pour une fois, la date compte plus que le chiffre.
La suite de ce dossier, côté agents : ce que GitHub a réellement livré d’Agent HQ, où la même bascule de facturation refait surface, cette fois sur les agents tiers.

