Un plombier me montre sa fiche Google le mois dernier. Six ans d’activité, 43 avis, une note honnête. Et puis : horaires faux, numéro de fixe résilié, photos de 2019. Il payait une agence 90 € par mois pour « gérer sa visibilité ». Ta fiche Google Business, c’est la première chose que voit quelqu’un qui te cherche, avant ton site, avant ta pub. La remettre d’équerre prend moins d’une heure et ne coûte rien. On la fait dans l’ordre, et je te dirai aussi ce qui ne vaut pas ton temps.
La fiche Google, c’est quoi et pourquoi elle passe avant ton site
La fiche Google Business Profile (l’ancien « Google My Business », rebaptisé depuis) est l’encart gratuit qui s’affiche quand on cherche ton entreprise ou ton métier : carte, horaires, téléphone, avis, photos. Elle sort dans Google et dans Maps, au-dessus des résultats classiques. Autrement dit, la plupart de tes clients te jugent là, avant même d’avoir vu ton site. La doc officielle de Google explique classer ces fiches selon trois critères : la proximité, la pertinence et la notoriété. Tu ne peux pas jouer sur ton adresse ; les deux autres se travaillent.
Mon avis, frontal : l’essentiel du « SEO local » qu’on facture aux artisans tient dans cette fiche gratuite. Le reste est du raffinement.
La source : « Améliorer votre classement local », dans la doc officielle Google.

Étape 1 : reprends la main sur ta fiche
Cherche ton entreprise sur Google. La fiche existe probablement déjà, créée automatiquement ou par un ancien prestataire. Clique sur « Vous êtes le propriétaire de cet établissement ? » et suis la vérification ; selon les cas, Google valide par téléphone, par vidéo ou par courrier. Si un prestataire l’a revendiquée à ta place et ne répond plus, il existe une procédure de récupération de fiche. C’est pénible, mais ça aboutit, et tant que tu n’as pas la main, tout le reste attend.
Étape 2 : corrige ce qui te coûte des appels
Dans l’ordre d’importance : le téléphone (un numéro qui sonne vraiment), les horaires (jours fériés compris, c’est là que naissent les avis « fermé alors que c’était marqué ouvert »), l’adresse ou la zone d’intervention, et la catégorie principale. La catégorie est le réglage le plus sous-estimé de toute la fiche : « Plombier » et « Chauffagiste » ne sortent pas sur les mêmes recherches. Choisis celle qui correspond à ce qui te rapporte, ajoute les secondaires ensuite.
Chez mon plombier, le seul numéro affiché était le fixe résilié. Personne ne saura combien d’appels sont partis chez le concurrent d’à côté pendant ces deux ans.
Étape 3 : des photos récentes, pas des belles photos
Pas besoin d’un photographe. Il faut des photos vraies et datées de cette année : la devanture, le véhicule, deux ou trois chantiers finis, ton visage si tu l’assumes. Une fiche dont la dernière photo remonte à plusieurs années envoie le même signal qu’une vitrine poussiéreuse : on ne sait pas si c’est encore ouvert.
Étape 4 : les avis, et surtout les réponses
Demande l’avis au bon moment, juste après le chantier qui s’est bien passé, avec le lien direct que la fiche te fournit (bouton « Demander des avis » dans l’interface de gestion). Et réponds à tout, y compris aux mauvais : poliment, factuellement, sans t’écraser. Une réponse posée sous un avis injuste rassure davantage le prochain client que dix étoiles muettes. Le coût réel : quinze minutes par semaine, montre en main.
Ce qui ne vaut pas ton temps
Bourrer le nom de l’établissement de mots-clés (« Dupont Plomberie Dépannage Urgent 24h ») : c’est contraire aux règles de Google et c’est le genre de bricolage qui finit en suspension de fiche, alors que ton vrai nom suffit. Publier des « posts » tous les jours : personne ne les lit ; un par mois pour montrer que l’affaire est vivante, c’est bien. Et payer un abonnement mensuel pour « la gestion de votre fiche » : tu viens de lire tout ce qu’il y a à gérer. Une heure au départ, quinze minutes par semaine ensuite.
Comment savoir si ça a marché
La fiche a ses propres statistiques dans l’interface de gestion : appels reçus, demandes d’itinéraire, clics vers le site. Note les chiffres le jour où tu corriges tout, regarde-les un mois plus tard. C’est le seul tableau de bord dont un artisan a besoin pour le local. Si les appels ne bougent pas, le problème est ailleurs : le prix, le secteur, ou personne ne cherche ton métier là où tu es. Et ça, aucune fiche ne le répare.
Dernière question, la seule qui compte : cherche ton métier plus ta ville, là, tout de suite. Tu apparais, ou c’est ton concurrent ?